Francis Joyon, une légende de la mer
Marin d’un seul bloc connu pour son calme, sa discrétion et sa volonté inébranlable, Francis Joyon, l’actuel détenteur du record du tour du monde en solitaire en multicoque, rembarque pour une 6e Route du Rhum. A 58 ans, le skippeur le plus expérimenté au large va certainement tenter de prouver qu’il faut encore compter sur lui.
Dire que Francis Joyon n’est pas un homme comme les autres est un euphémisme. Véritable légende de la mer, il est le skippeur aux 20 (ou presque) records en solitaire en maxi multicoque, dont celui autour du monde (57 jours 13h et 34 minutes) ou celui de l’Atlantique Nord (5 jours, 2 heures et 56 minutes), encore inégalés à ce jour. Ces deux chronos, il les a décrochés à bord de son trimaran Idec Sport, avec lequel il a pris le 2 novembre le départ de sa 6e Route du Rhum. Dans la catégorie « Ultime », le marin (58 ans) et le bateau (7 ans) sont les vétérans de l’épreuve.
D’une discrétion presque extrême, Francis Joyon symbolise à la fois la force, le courage, et l’humilité. « Forcément, pendant la course, il y a des moments où on se pose des questions. Cela m’est arrivé dans la précédente Route du Rhum. Cela m’a permis de rebondir. Il y a des moments qui sont pire qu’à terre et meilleurs aussi. C’est d’ailleurs un peu cela que l’on vient chercher en mer, les extrêmes » explique-t-il. Le navigateur normand qui dit aimer se plonger dans la lecture d’Un vagabond des mers du sud de Bernard Moitessier, est aussi le plus expérimenté au large en solo et en multicoque. De sa jeunesse beauceronne, il garde un amour immodéré pour la liberté et la nature. Au bout du compte, que le jeune homme de la campagne se soit retrouvé, il y a une trentaine d’années, à faire ses gammes sur les bancs de quart des Glénan, puis d'autres écoles de voile n'est pas illogique. « Je n'avais rien programmé, mais le milieu marin était conforme à l'idée que je me faisais de la nature.»
Navigateur atypique
Symbiose avec son bateau
Pour son nouveau multi, Idec Sport, celui qui traverse en ce moment l’Atlantique, Francis Joyon établit un cahier des charges très clair : il souhaite disposer d’un bateau simple, pouvant être manœuvré en sécurité par un homme seul. Le tout sans sacrifier à la performance. Un défi de taille pour le duo d’architectes. Mais Nigel Irens et Benoît Cabaret relèvent le challenge avec brio. Ils optent pour une longueur à la flottaison importante (29,70 mètres pour la coque centrale) tout en restant raisonnables sur la puissance du bateau et en centralisant les manœuvres. L’allure d’Idec sera racée avec une coque centrale environ cinq mètres plus longue que les deux flotteurs. L’idée étant de gagner en vitesse et d’améliorer à la fois les performances aux allures portantes et l’efficacité du passage dans la mer formée. « Ce sont des bateaux qui sont très durs physiquement. Il faut parfois tourner la manivelle pendant des heures pour finir une manœuvre et pouvoir en enchaîner une autre » rappelle-t-il.Source : journaliste David RAYNAL pour Bretagne Info Nautisme
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